Nous sommes en 2026, et les lectures fleurissent de plus belle !
Cet article comporte, pour l’instant, 2 pages.
Et d’une :
Cette 1ère page annonce que je viens de finir la lecture d’un roman (reçu à Noël, quelle bonne idée!), un roman magnifique de :
♥♥♥ Maria Pourchet: Tressaillir (2025, Éditions Stock): une plume alerte et lumineuse, des personnages attachants, bref pour moi une heureuse redécouverte de cette jeune auteure, lue il y a quelques années (2012, Avancer, Éditions Gallimard, collection Folio).
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Place ensuite à une petite « bombe littéraire » !
♥♥♥ La petite bonne, de Bérénice Pichat (2024, Éditeur Groupe Delcourt, Les Avrils) :
« Domestique au service des bourgeois, elle est travailleuse, courageuse, dévouée. Mais ce week-end-là, elle redoute de se rendre chez les Daniel. Exceptionnellement, Madame a accepté d’aller prendre l’air à la campagne. Alors la petite bonne devra rester seule avec Monsieur, un ancien pianiste accablé d’amertume, gueule cassée de la bataille de la Somme. Il faudra cohabiter, le laver, le nourrir. Mais Monsieur a un autre projet en tête. (…) »
(4ème de couverture)
Lien vers un article sur ce site (notes de lecture et citations) : https://wp.me/p7TeeU-88O

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Et pour suivre, ce sera ?
♥♥ Toutes les femmes sauf une, de Maria Pourchet (2018, Pauvert – département de la Librairie Arthème Fayard; 2021, Le Livre de Poche).
Toujours le même bonheur à lire cette auteure, même si le thème des rapports avec la mère, très délicat et éminemment subjectif ici, est traité sans détours ni mièvrerie ; ah! les « petites phrases » maternelles, comme elles résonnent ! Proposées par Maria Pourchet en titres de chapitres, seraient-elles à ce point transgénérationnelles et transculturelles ?
Parfois pourtant, on a l’impression que Maria Pourchet n’écrit pas un roman, mais « règle quelques comptes », dans une intimité quelque peu dérangeante…
Les « petites phrases » de la madre (formant souvent les têtes de chapitres) :
Du plomb dans la tête Attends-moi là - Fous-moi le camp - T'es mal barrée - C'est pour toi - Je ne suis pas ta copine - T'es pas sortie de la cuisse de Jupiter - Regarde où tu mets les pieds - Tu me diras merci - Tu veux être comme les autres ? - Et moi tu crois qu'on m'a dit que j'étais belle ? - Ça va mal finir - T'aurais pu faire mieux - Tu te la racontes - "Voilà. // Je suis ta mère. // On revient de tout." p. 95 Tous les mêmes - Débrouille-toi - T'as rien gagné - Tu seras pas la dernière - Tu fais ta vie, maintenant.
Tu n’es pas venue pour moi quand même ?
Le livre est adressé directement à la fille de l’auteure, Adèle :
J’écris: Aujourd’hui à propos de ta naissance ma mère pense que j’ai raté ça.
p.71
« Je t’installe, comme on baptise, sur le lit qui sera son navire. Regarde, Adèle : elle, l’aïeule, c’est l’esclave. Ma mère, c’est la peur faite femme de devenir sa mère qui l’a coulée sur place. Moi, c’est la même peur dont je fais quelque chose. Toi, va. »
p. 122.
J’accorde de l’importance à ces passages des petites phrases maternelles: peut-être parce que certaines d’entre elles résonnent en moi, et certainement parce que je sais qu’une fille élevée par mère (et parfois grand-mère aussi, présente ou non au foyer…), qui entendra ces phrases de façon répétée, en sera profondément, et durablement, marquée…
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