Le Théâtre du Peuple à Bussang (Vosges)

2007, c’était l’année des Affreuses, et de l’Européenne au Théâtre du Peuple de Bussang, plus que centenaire. Découvert sur Internet, dans les archives du journal Libération, un article d’Édouard Launet parle avec brio de notre beau Théâtre du Peuple et de son programme.

Ci-dessous, des extraits de Bussang, scène profonde :

Bref rappel des fées : lors de l’été 1895, un certain Maurice Pottecher crée dans le village vosgien de Bussang un Théâtre du Peuple, dont le nom dit à peu près l’ambition. Puis chaque été, rebelote : quelques représentations d’une nouvelle pièce sont données dans la nature pour les gens du coin, ou de plus loin. Les (bonnes) fées s’appellent Romain Rolland, Paul Claudel, Jules Renard, tous des fréquentations de Pottecher durant ses années parisiennes, tous de beaux messieurs qui voient avec sympathie se développer ce théâtre à flanc de coteau, si loin de la capitale. Car Bussang est un peu, comment dire, loin de tout.

Panneaux. Cent-douze ans plus tard, l’aventure continue de plus belle, avec deux créations par été. On vient parce que les pièces sont bonnes, que l’entreprise reste collective (les représentations mêlent acteurs professionnels et amateurs) et que le lieu est superbe : un immense chalet de bois, au milieu d’un parc pentu. On vient aussi pour des raisons plus anecdotiques. En particulier, pour le plaisir de voir le fond de la scène s’ouvrir brusquement à un moment ou à un autre de la pièce : c’est une figure imposée à chaque mise en scène. Soudain, de grands panneaux de bois coulissent prestement, faisant surgir la nature vosgienne dans le théâtre comme dans la fiction. Un artifice et un supplément de profondeur de champ qu’il faut savoir utiliser à bon escient (1).

(1) Un petit théâtre dans le parc du château de Chantilly (Oise) utilisait au XVIIIe siècle un procédé similaire.

(…)

Lutins délurés. L’autre curiosité annuelle, c’est de voir comment fonctionne le cocktail professionnels-amateurs. Réponse 2007 : remarquablement bien. Le trio d’affreuses qui donne à la pièce son titre et son mouvement semble exister depuis toujours. Comme trois vieilles complices qui auraient peaufiné leur personnages de lutins délurés des lustres durant. On est surpris d’apprendre qu’elles ne travaillent ensemble que depuis quelques petits mois, et que seule l’une d’elles est professionnelle : Yvette Petit. Les deux autres s’appellent Marie-Claire Fuchs et Christiane Lallemand.

La pièce du soir, l’Européenne, est quant à elle servie par une troupe entièrement professionnelle. L’humour y est moins grinçant mais la musique plus présente. Dommage que, cette fois, l’escamotage du fond de scène tombe comme un cheveu sur la soupe.

Édouard Launet – Bussang 2007, «Les Affreuses», texte et mise en scène de Pierre Guillois. Du mercredi au dimanche, 15 heures, jusqu’au 26 août. «L’Européenne», de David Lescot, mise en scène Charlie Degotte. Du mercredi au samedi, 20 heures, jusqu’au 25 août.

L’article complet d’Édouard Launet est à : https://next.liberation.fr/culture/2007/08/14/bussang-scene-profonde_99849.

Sur le Net, figurent de nombreux autres textes sur le Théâtre du Peuple, également sur ce site vous pourrez lire plusieurs articles sur les Estivales de Bussang.

Théâtre du Peuple, Bussang (88). Rens : 03 29 61 50 48 ou http://www.theatredupeuple.com

 

 

 

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