Cette série d’articles est ma façon de raconter une histoire de cette épidémie. On est loin d’une synthèse qui se voudrait objective, encore moins scientifique. C’est une fiction, un point de vue sur ces événements qui, sur chacun(e) d’entre nous, ont laissé leur marque. Vous y reconnaîtrez en clair des faits réels, connus de tous, et en filigrane mes questions, doutes, insatisfactions.

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Ce sera un article, non pas inachevé, mais en voie d’inachèvement, un indéfiniment brouillon.

Voici des mois qu’il est là, tapi dans mes piles de feuilles à venir, acceptable à chaque fois que je le relis et le remanie, imparfait le lendemain. Même si le titre commun à la collection est toujours 2020, un virus sidérant, j’espère que la sidération sanitaire est en voie de dépassement… peut-être. Mais, à l’image de l’épidémie qui rebondit sans cesse, mon n°10 rebondira, publié à sa place, avant la conclusion poétique que j’ai voulu donner à la série. Le n°10 sera indéfiniment daté du 5 juin, et sera épinglé un certain temps à la une du site, côtoyant les poèmes, les chansons, les livres, le spectacle vivant…

C’est donc le n°10, il devait être le dernier du cycle Virus sidérant, marquer en quelque sorte la fin de l’épidémie. Mais cela ne sera pas. Et, n’étant pas une conclusion, cet article ne va certainement pas exposer des certitudes, juger de ce qu’il faut faire ou ne pas faire, croire ou ne pas croire, donner un blanc-seing à tel professionnel, tel blâme à un autre ! Mais dans ce cycle, il a une ambition : trouver, ébaucher, échafauder un peu de sens, ou quelque sens, dans ce qui nous arrive. Témoigner et analyser, à travers des citations, des interviews, telle position psycho-sociologique, philosophique, politique; essayer une mise à distance.

Le titre

Le titre de cet article se réfère à une phrase célèbre dans une œuvre de Cocteau :

Puisque ces mystères me dépassent, feignons d’en être l’organisateur.

1920, Jean Cocteau, Les Mariés de la Tour Eiffel.

… et je la transforme ainsi : Puisque ces mystères nous dépassent, organisons-les ! Titre plus conforme à ce que je veux exprimer ici, mais aussi, j’en conviens, l’antithèse pure et simple de l’œuvre foutraque à laquelle il fait allusion (à l’attention des passionnés et des curieux, voir cet article: https://wp.me/p7TeeU-4WI)

Ces mystères qui nous dépassent

Au premier trimestre de l’année 2020, notre vie a changé. Certes, l’épidémie de SarsCov2 n’est pas seule impliquée dans les mutations ou bouleversements en cours, mais, pour l’instant, elle y a une part très visible, très insistante, et peut-être prépondérante.

Tout en n’étant peut-être que la partie émergée de cet iceberg nommé crise.

On a du mal à mesurer encore l’amplitude, les proportions, la nature des changements, pas plus que leurs significations ou leurs conséquences. Mais de toute évidence, ce ne sera plus comme avant, même si beaucoup s’aveuglent encore sur ce point. Nous ne devrions pas faire comme si rien n’avait changé, ni même comme si ces changements étaient banals, ou même souhaitables, ou comme s’il était facile de s’y habituer.

(à suivre)

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