Pour cette liberté de chanter sous la pluie
Il faudra tout donner.

Pour cette liberté d’être étroitement liés
Aux fermes et douces entrailles du peuple
Il faudra tout donner.
Pour cette liberté de tournesol qui s’ouvre dans l’aube des usines et des écoles illuminées
Pour cette liberté de la terre qui craque et de l’enfant qui se réveille
Il faudra tout donner.
Il n’y a d’autre choix que celui de la liberté
Il n’y a d’autre chemin que celui de la liberté
Il n’y a d’autre patrie que la liberté
Il n’y aura plus de poème sans la violente musique de la liberté.

Pour cette liberté qui est la terreur
De ceux qui toujours la violèrent
Au nom de fastueuses misères
Pour cette liberté qui est la nuit des oppresseurs
Et l’aube définitive de tout le peuple déjà invincible
Pour cette liberté qui éclaire les pupilles vides
les pieds nus
les toits percés
et les yeux des enfants qui déambulent dans la poussière
Pour cette liberté qui est l’empire de la jeunesse
Pour cette liberté
Belle comme la vie
Il faudra tout donner
Si c’était nécessaire
L’ombre comprise
Et ce ne sera jamais assez.

Por esta libertad

Por esta libertad de canción bajo la lluvia
habrá que darlo todo

Por esta libertad de estar estrechamente atados
a la firme y dulce entraña del pueblo
habrá que darlo todo
Por esta libertad de girasol abierto en el alba de fábricas
encendidas y escuelas iluminadas
y de esta tierra que cruje y niño que despierta
habrá que darlo todo
No hay alternativa sino la libertad
No hay más camino que la libertad
No hay otra patria que la libertad
No habrá más poema sin la violenta música de la libertad

Por esta libertad que es el terror
de los que siempre la violaron
en nombre de fastuosas miserias
Por esta libertad que es la noche de los opresores
y el alba definitiva de todo el pueblo ya invencible.
Por esta libertad que alumbra las pupilas hundidas
los pies descalzos
los techos agujereados
y los ojos de los niños que deambulan en el polvo
Por esta libertad que es el imperio de la juventud

Por esta libertad
bella como la vida
habrá que darlo todo
si fuere necesario
hasta la sombra
y nunca será suficiente.

(Sur le site: https://schabrieres.wordpress.com/)

Fayad Jamis (1930-1988)

Fayad Jamis est né en 1930 au Mexique, d’un père libanais et cubain, et d’une mère mexicaine. La famille s’est installée à Cuba alors que Fayad avait 6 ans. Formé à l’Académie de San Alexandro, Fayad acquiert une renommée en tant que peintre abstrait. Outre ce talent, Fayad Jamis fut également poète, designer, journaliste, enseignant et traducteur. Dans les années 50, il vécut à Paris, où il fit la connaissance du poète surréaliste André Breton, qui appréciait son travail, et où il exposa. Revenu à Cuba en 1959, il y eut de nombreuses activités, dont l’enseignement. Il est décédé à La Havane en 1988.

(Source: Wikipedia, Traduction Reverso)

Fayad Jamis, Les paupières et la poussière (1954)

Los puentes: les ponts, les passerelles.