Nous naissons seuls, nous vivons seuls, nous mourons seuls.

Il n’y a qu’à travers l’amour et l’amitié que nous pouvons, l’espace d’un instant, créer l’illusion que nous ne sommes pas seuls.

Orson Welles

Albert Dupontel fait toujours des films forts, dont on sort enchantés ou désenchantés (par le monde et les gens), rajeunis ou vieillis, bref des films contre, et contrastés.

Acteur et/ou réalisateur, j’ai aimé Dupontel, intense et énergique, dans pas mal de films: Deux jours à tuer (2008), La proie (2011), Le grand soir (2012), 9 mois ferme (2013), et surtout Au revoir là-haut (2017).

En vitesse, avant le confinement de novembre 2020, j’ai pu voir Adieu les cons (2020), et ce dernier Dupontel va certainement rejoindre rapidement mon palmarès.

C’est un film que j’ai trouvé fort, juste, et incroyablement culotté dans la dénonciation, à la fois tragique et comique, des pesanteurs, des injustices, et des violences de notre monde si mal civilisé.

J’ai aimé sa mélancolie, sa douceur, sa violence, son imagination tout-terrain.

J’ai aimé aussi ses personnages: Dupontel ne s’arrête pas à leurs dimensions banales ou ordinaires, il les agrandit en poésie, en humanité, en fragilité combative. Il en fait des héros du quotidien, dont la capacité à aimer transcende TOUT.

Petit aperçu de l’histoire:

Suze (Virginie Efira), coiffeuse, apprend que son métier l’a rendue gravement malade. Elle recherche un fils né sous X, qu’elle a dû abandonner vingt-huit ans plus tôt. Elle rencontre JB (Albert Dupontel), quinquagénaire en plein burn out, son chef lui ayant signifié son obsolescence de boomer, dont la seule utilité pour l’entreprise serait désormais de chaperonner une horde de jeunes loups aux dents longues. Entre alors en scène M. Blin (Nicolas Marié), archiviste administratif, aveugle, très enthousiaste, très désireux de vivre une nouvelle vie, sociale et passionnée.

Ils sont 3, et la quête obstinée de Suze devient dès lors éperdue; s’accélère, dérape, et fait de multiples loopings, hors de contrôle.

Je ne connais rien au métier de cinéaste, pourtant, il est certain que le réalisateur Dupontel a strictement ÉCRIT son film, minutieusement préparé tous les plans, et dirigé les acteurs et les caméras!

Spectatrice de ce film, j’étais prise dans le tourbillon de l’action, avec l’impression d’un Autrement-que-prévu permanent, d’impondérables dont les personnages faisaient ce qu’ils pouvaient, impression que rien n’était écrit d’avance…

Et une certitude à la fin: c’est l’amour qui gagne. Enfin, si on veut.

7 Césars (le 12/03/2021)

La parole au réalisateur, dans cette longue interview produite par Thinkerview le 14 octobre dernier, où Dupontel parle (entre autres) du film Adieu les cons.

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