Le spectre abominable de la contestation
Vous rappelez-vous le film-OVNI, à la fois document et pamphlet, du britannique Lindsay Anderson: If… De quel côté serez-vous? (1968)? Ce film raconte la révolte sanglante, exacerbée, terminale, de plusieurs élèves, internes dans un collège oxfordien, contre les méthodes éducatives et la discipline de fer de leur établissement.
Il obtint le Grand Prix international (Palme d’or) du festival de Cannes 1969…
Choc d’un scénario implacable et tragique, choc du jeu des jeunes acteurs, choc d’une jeunesse en ébullition, qui, ensauvagée, sadisée au dernier degré (et avec un naturel d’ancien monde posé comme une évidence éducative…) devient à son tour, sans qu’aucune parole ne soit possible, sauvage et sadique. Inutile de préciser que les critiques furent extrêmement diverses et partagées! (accessibles, je viens de les relire, dans le mensuel L’Avant-Scène n°119, novembre 1971).

Missa Luba
Ce qui marqua et sidéra aussi dans ce film fut l’utilisation, dans la longue et ultra-violente scène finale, d’une bande-son de musique sacrée. Cette musique explose littéralement sur le générique de fin, affichant le titre: If…, De quel côté serez-vous?, en même temps que l’apocalypse de violence s’éteint, avant le noir final, terrible et grandiose.
La Missa Luba, par les Troubadours du Roi Baudoin (1958, Direction Père Guido Haazen)
Vous rappelez-vous cette étonnante et tonique Missa Luba (Messe congolaise*), sous-titrée Christmas in Congo, interprétée par Les Troubadours du Roi Baudoin?
*Les Lubas ou Baluba sont une population bantoue d’Afrique centrale, établie principalement en République démocratique du Congo. » (Wiki)
Lindsay Anderson utilisa, à la fin du film If…, le Sanctus de la messe congolaise, solennel et funèbre, chanté avec ferveur par de jeunes interprètes, accompagnés de percussions, et dirigés par Guido Haazen.
Le voici:
Le Kyrie, ça faisait:
Et pour écouter tous les extraits de la Missa Luba, c’est ici: https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k88165346