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La différence d’âge entre des amoureux, des conjoints, a fait beaucoup jaser, et couler de l’encre! Ici, je vous propose deux exemples: le premier, relevé dans la presse régionale du Grand Est (la presse de toute la France a été très prolixe sur cette affaire); le second exemple, mystérieux et extraordinaire, est pris dans ma généalogie.

Le sujet, si tentant, fit aussi souvent le régal des humoristes, avec plus ou moins de bon goût, c’est sûr! (en annexe).

Une remarque enfin: les différences d’âge dont je parle vont toutes dans le même sens: c’est l’homme qui est plus âgé, beaucoup plus âgé, que la femme, pas l’inverse. mais le débat n’est pas clos! (et l’annexe proposée vous le prouve…)

Quotidien L’Est Républicain du 31/12/2017

Alpes-Maritimes / Société

42 ans de différence d’âge: la mairie refuse de les marier.

L’officier d’état-civil de Cagnes-sur-Mer, dans les Alpes-Maritimes, a refusé de conclure un mariage. La raison? Un doute sur la sincérité de l’intention matrimoniale.

Ce qui gêne la mairie de cette commune, c’est la différence d’âge entre les deux amoureux, qui sont pourtant en couple depuis deux ans: Déborah Thomman a 38 ans, et son compagnon, Jean-Claude Beltram, 80. Soit 42 ans de différence.

L’officier d’état-civil a donc saisi le procureur de la République, qui a décidé de surseoir au mariage, le temps d’enquêter sur la sincérité de l’union.

Dans les colonnes de Nice Matin, Jean-Claude Beltram s’insurge: Oui, Déborah est beaucoup plus jeune que moi. Et alors? Sommes-nous les seuls dans ce cas? Je ne crois pas… Je ne suis pas un proxénète qui va abuser d’elle, de sa gentillesse et de sa grande beauté. Nous portons déjà des alliances, nous nous sommes fiancés il y a un an, nous avons fait un acte de mariage devant notaire et nous avons été auditionnés par un prêtre du diocèse de Nice, car nous souhaitons aussi nous marier religieusement, quand cela sera possible.

Le couple doit maintenant patienter jusqu’au 12 février 2018 pour savoir si finalement, oui ou non, la justice française l’autorise à se marier.

Voici mon deuxième exemple. J’ai fait des recherches généalogiques de 2011 à 2019, par périodes très intenses, ou par moment très creuses. Maintenant, ma généalogie est en pause! J’ai découvert dans mes branches familiales des choses étonnantes parfois. Voici un exemple de différence d’âge qu’on a peine à croire (j’essaie de simplifier l’arborescence familiale qui y mène).

Aïe, mes aïeux! Remontons le temps:

Je partirai de ma bisaïeule* maternelle, Maria Frédérich (née en 1862 en Lorraine).

Maria Frédérich à 57 ans (1919)

* Une bisaïeule est une arrière-grand-mère (1 arrière), un trisaïeul est un arrière-arrière-grand-père (2 arrières), etc.

Le père de Maria était mon trisaïeul: Martin Frédérich, né à Kaysersberg (Sud-Alsace) en 1829.

Nous restons à Kaysersberg avec les aïeux précédents, tous prénommés Jean-Baptiste (c’est plus simple, et véridique), quadrisaïeul et… quinquisaïeul, ce dernier nous amenant à la sixième génération et à l’année 1764 (sa naissance).

Je m’arrête à ce Jean-Baptiste-là, c’est sa seconde épouse qui nous intéresse.

J.B. Frédérich, serrurier à Kaysersberg, âgé d’environ 30 ans, épouse vers 1796 demoiselle Frey, laquelle décède en 1814. J.B. se retrouve donc veuf, âgé d’environ 50 ans. Et 4 ans plus tard, en 1818, Jean-Baptiste Frédérich épouse en secondes noces une certaine Marguerite Osweltine Braun, dont il est également le second conjoint. Jean-Baptiste et Marguerite n’ont que 11 ans d’écart, rien d’extraordinaire donc.

Mais, en creusant la vie de Marguerite Braun, je récolte quelques actes d’état-civil qui, s’ils ne révèlent rien des existences de l’époque, attestent que Marguerite, enfant naturelle et unique de Madelaine Osweltine, se marie en 1806 à l’âge de 31 ans, avec le sieur Pierre de Lalonde, originaire de Bayeux en Normandie, perruquier de son état, veuf et âgé de… 73 ans! Marguerite Braun est une jeune fille orpheline, certainement nécessiteuse, et son vieux mari fait (peut-être) une bonne action en l’épousant.

Pierre et Marguerite ont donc environ 42 ans d’écart, tout comme nos amoureux de Cagnes-sur-Mer, dont l’histoire défraie la chronique et se trouve citée en justice. Je ne connais pas la suite de l’histoire de ceux-ci. Mais je sais, pour avoir déniché son acte de naissance dans les registres de Colmar, qu’une petite fille est née en 1807 au foyer de la famille de Lalonde. Elle s’appelle Madelaine, comme la grand-mère maternelle qu’elle n’a pas connue.

Pierre de Lalonde meurt en 1816, âgé de 83 ans, et Marguerite épouse 2 ans plus tard (en 1818) mon quinquisaïeul Jean-Baptiste Frédérich. Fin de cette histoire retracée à gros traits: Marguerite meurt en 1824, à peine âgée de 50 ans, et je perds la trace de sa fille Madelaine, alors âgée de 17 ans.

Annexe

Daté? Certes. Sexiste? En diable! Mais encore très drôle!

Guy Bedos nous parle, entre autres, de cette fichue différence d’âge: