« La  nature, c’est ce qui reste lorsque l’on a tout aménagé » Jean Claude Génot (cité par la Maison des Loisirs de Hérisson, 2020).

Actualités

« Autoriser par dérogation un usage des néonicotinoïdes n’est pas une décision facile. Mais cette dérogation – temporaire et très encadrée – est la seule solution possible à court terme pour éviter l’effondrement de la filière sucrière en France. » Barbara Pompili, Ministre de la Transition écologique, 10 août 2020.

« Une dérogation « temporaire et très encadrée » affirme-t-elle, défendant la dérogation accordée pour l’utilisation des néonicotinoïdes en traitement de semences sur betteraves. Ces insecticides sont, dit-elle, « la seule solution à court terme » pour lutter contre le puceron vecteur du virus de la jaunisse. Les maïsiculteurs demandent à leur tour l’accès à ces insecticides.

L’utilisation de néocortinoïdes était interdite en France depuis septembre 2018, un an après la date prévue initialement (suite à des débats parlementaires houleux). Chaque année 30% des colonies d’abeilles périssent, obligeant les apiculteurs à renouveler leurs ruches décimées, et la production de miel s’en ressent.

Les néocortinoïdes (tout comme les pesticides) ont un lourd impact sur la santé et la biodiversité. C’est une classe de produits toxiques, employés comme insecticides, agissant sur le système nerveux central des insectes. Ces neurotoxiques sont généralement des dérivés chlorés. Leur faible biodégradabilité, leur effet toxique et leur diffusion dans la nature posent des problèmes graves à des espèces qui n’étaient pas ciblées: insectes (papillons, abeilles, bourdons…), mais aussi prédateurs d’insectes (oiseaux, souris, mulot, taupes, chauves souris ), et les vers de terre. Les apiculteurs mettent en cause ces molécules qui expliquent le syndrome d’effondrement des colonies d’abeilles.

Références (bibliographie, revues et site internet) : Revue La Recherche, mars 2016; Pesticides, effets sur la santé, Expertise de l’INSERM, 2013; Cerveaux en danger, protégeons nos enfants, de Philippe Grandjean, 2016,  éditions Buchet-Chastel; Site internet de France Nature Environnement. 2020 – Maison des loisirs de Hérisson (Allier)

Poésie

Le poète latin Virgile a chanté les abeilles et le miel. Le Livre IV de ses Géorgiques leur est consacré:

Poursuivant mon œuvre, je vais chanter le miel aérien, présent céleste : tourne encore tes regards, Mécène, de ce côté. Je t’offrirai en de petits objets un spectacle admirable (…) Quand le soleil d’or a mis l’hiver en fuite et l’a relégué sous la terre, quand le ciel s’est rouvert à l’été lumineux, aussitôt les abeilles parcourent les fourrés et les bois, butinent les fleurs vermeilles, et effleurent, légères, la surface des cours d’eau.
Transportées alors de je ne sais quelle douceur de vivre, elles choient leurs couvées et leurs nids; elles façonnent alors avec art la cire nouvelle et composent un miel consistant.
Plus tard, quand tu verras en levant les yeux l’essaim sorti de la ruche nager dans le limpide azur vers les astres du ciel, et que, étonné, tu l’apercevras qui flotte au gré du vent comme une nuée sombre, suis-le des yeux : toujours il va chercher des eaux douces et des toits de feuillages. Répands, dans ces lieux, les senteurs que je préconise : la mélisse broyée et l’herbe commune de la cérinthe; fais-y retentir l’airain et agite à l’entour les cymbales de la Mère. D’elles-mêmes, les abeilles se poseront aux emplacements ainsi préparés; d’elles-mêmes, elles s’enfermeront, suivant leur habitude, dans leur nouveau berceau.

Et, quelques siècles plus tard, Maurice Maeterlinck (1862-1949) écrit La vie des abeilles.

La Vie des abeilles par Maeterlinck

Suivant pas à pas la vie d’un essaim, depuis qu’il a quitté la ruche chaude et confortable pour affronter un monde plein de périls, Maeterlinck évoque « cette étrange petite république, si logique et si grave, si positive, si minutieuse, si économe, et cependant victime d’un rêve si vaste et si précaire ». Il décrit de façon saisissante tous les actes du drame, l’essaimage, l’élevage des nouvelles reines, l’exclusion des bourdons après le vol nuptial, le massacre des mâles, et peu à peu, l’hiver venant, le retour au grand sommeil.

( Image et résumé: https://www.babelio.com/ )

Les abeilles donnent le miel et la cire odorante à l’homme qui les soigne ; mais ce qui vaut peut-être plus que le miel et la cire, c’est qu’elles appellent son attention sur l’allégresse de juin, c’est qu’elles lui font goûter l’harmonie des beaux mois, c’est que tous les évènements où elles se mêlent sont liés aux ciels purs, à la fête des fleurs, aux heures les plus heureuses de l’année. Elles sont l’âme de l’été, l’horloge des minutes d’abondance, l’aile diligente des parfums qui s’élancent, le murmure des clartés qui tressaillent, le chant de l’atmosphère qui s’étire et se repose, et leur vol est le signe visible, la note convaincue et musicale des petites joies innombrables qui naissent de la chaleur et vivent dans la lumière. A qui les a connues, à qui les a aimées, un été sans abeilles semble aussi malheureux et aussi imparfait que s’il était sans oiseaux et sans fleurs.