En mars, LE VENT SE LÈVE!

Le vent se lève (Copier)
Affiche de la pièce à La Manufacture

 La pièce est écrite d’après « Le Bel Aujourd’hui », écriture scénique collective, tissée de textes de Pier Paolo PASOLINI, du Comité Invisible (1), de SADE, Guy DEBORD, Philippe MURAY, Edward BOND … Une œuvre théâtrale gigantesque, mêlant des arts divers : déclamations, jeu d’acteurs, vidéos, lumières et musiques. Je ne cache rien : c’est une œuvre touffue, dense et longue, qui sollicite beaucoup le spectateur, le pousse dans ses retranchements. Mais ne lasse pas : on en sort vivifié, « motivé »; et si on est encore jeune et alerte, éventuellement prêt à en découdre …

Comme aux beaux temps du Théâtre Universitaire de Nancy de la fin des années 60 (2), David AYALA (concepteur, réalisateur et metteur en scène), nous livre avec cette pièce une vision subversive, critiquant tous les asservissements modernes, derrière les artifices divers mis en place à bas bruit (ou pas) par les idéologies dominantes.

David ALAYA interroge « la capacité d’être encore humain dans le monde globalement idiotisé, mais ne reste pas dans du simple constat. Au contraire, il œuvre sur une perspective très lumineuse : celle de découvrir La Chambre des Désirs » (livret de La Manufacture)

EXTRAITS:

« le Bien à trimé. Il a bien bossé. D’avance, il stérilise toutes les velléités d’objections, toutes les subversions, toutes les contestations qui pourraient s’élever »

Philippe MURAY (L’empire du bien)

« Les jeunes qui sont nés et se sont formés pendant cette époque de faux progressisme et de fausse tolérance sont en train de payer de la manière la plus atroce cette falsification (le cynisme du nouveau pouvoir qui a tout détruit) Les voici autour de moi, une ironie idiote dans le regard, un air bêtement rassasié de  tout, des attitudes de voyous offensifs et aphasiques – lorsqu’il ne s’agit pas d’une douleur et d’une appréhension, presque, de jeunes filles de pensionnat – avec lesquels ils vivent la réelle intolérance de ces années de tolérance »

Pier Paolo PASOLINI (Lettres luthériennes : Petit traité de pédagogie)

Le spectacle ne pourra pas rester un théâtre du constat.

Au contraire, le point central du spectacle sera précisément d’ouvrir sur une perspective très lumineuse : celle de découvrir « La Chambre des désirs » (en référence poétique à Andreï TARKOVSKI) La « Chambre des désirs » sera l’endroit de la question du « désir d’être humain »;

Huitième cercle : désir d’être humain – Quête de justice, la chambre des désirs?

Un endroit qui interrogera, scrutera et proposera des réponses tangibles et possibles à la difficulté ou au désespoir de vivre dans nos réalités contemporaines. (…) Le spectateur  sera en présence d’un « site » où la parole se fera vraiment porteuse du plus grand espoir, dans la réalisation (…) de « l’homme définitif » : revenir aux aspirations les plus profondes de tous les êtres humains.

Ce qui ouvre la possibilité pour eux d’entendre leur présence terrestre, de retrouver le sens originel de leur existence. Et pourquoi pas, de se réunir en multitudes, pour soulever la réalité et reconstruire un monde vivant et vivable. Cet endroit du spectacle sera d’un très grand calme et proposera une vision apaisée de la vie intérieure des êtres humains.

« Dans deux générations–ou dans cent – ils emmèneront des enfants pour leur montrer où nous vivions. Ils diront « C’est ici qu’eut lieu le pillage des boîtes de conserve. Après ça, ils durent construire leurs vies» Alors ils leurs montreront notre bibliothèque. Ils se souviendront de nous et diront que nous vivions dans des prisons. Ils vivront dans la justice. La justice est une femme de pierre assise dans une chambre de pierre et qui essaie de faire des gestes humains. Si nos enfants vivent elle apprendra à les faire–et alors la pierre sera aussi humaine que ces mains qui ouvrent des boîtes de conserve. Rentrons avant qu’il ne fasse nuit. »

Extrait de la pièce d’Edward BOND « La furie des Nantis (Pièces de guerre), Voix-off dans « Le Vent se lève »

CE VENT QUI SE LÈVE EST CELUI DE LA LIBERTÉ

 

(1) Comité Invisible, article : https://fr.wikipedia.org/wiki/L%27Insurrection_qui_vient

(2) http://jmpelletier52.over-blog.com/article-quand-le-theatre-inventait-la-rue-109467526.html